Thursday, 5 November 2009

Zone fumeur - Smoking area


Une cigarette fumée enlève cinq minutes de vie. C’est une des phrases « chocs » utlisée dans le cadre de la prévention contre le tabagisme en France. Ce mois-ci je dédie cet article à la loi sur l’interdiction de fumer, décrétée le 16 novembre 2006 et entrée en vigueur le 1er février 2007 en France.

Quand je suis arrivée au Japon, il y a plus de trois mois maintenant, j’ai été choquée par la « non interdiction » de fumer dans les lieux publics. Dans les restaurants, les boîtes de nuit, bars et autres lieux publics, on peut fumer librement, comme il y a trois ans en France. Pour les non fumeurs comme moi, le retour à l’ère de la fumée n’est pas très agréable, ni bon pour les poumons évidemment.

Après quelques recherches et avoir questionné mes collègues de travail sur la question, je me rends compte qu’il n’y a en réalité aucune loi générale sur l’interdiction de fumer. Il existe un arrêté[1] sur l’interdiction de fumer au Japon, mais celle-ci concerne les lieux publics tels que les gares, aéroports, grandes avenues, rues et places très fréquentées. Pas de loi à proprement parler donc, interdisant le tabagisme dans les lieux publics tels que les restaurants, bars et autres lieux de consommation[2]. Pourquoi ? Est-ce plus important de préserver l’air libre des rues de la fumée de cigarette que les lieux clos ?

Etant donné le très bas prix des paquets de cigarettes (environ trois fois moins cher qu’en France) et leur accès faciles et rapides dans les distributeurs à tous les coins de rues, je comprends que le Japon est le pays le plus « enfumée » des pays industrialisé. Et alors qu’en France les chaînes de télé diffusent régulièrement des spots publicitaires contre le tabagisme, la quasi non existence d’affiches et de publicité ici, montre l’inactivité du gouvernement japonais quand à la prévention. Les « zones fumeurs » ou « kitsuenjô » qui parsèment les lieux publics très fréquentés désignés « non-fumeurs » semblent eux être le signe de la promotion pour la cohabitation entre fumeurs et non-fumeurs.

La situation évolue doucement, les décisions à ce sujet semblent être décentralisées, selon les collectivités, départements et régions. Le département de Kanagawa vient de promulguer cette année, un arrêté sur la prévention contre tabagisme dans les établissements publics, qui entrera en vigueur le 1er avril 2010. Vivre dans un pays où la loi sur l’interdiction de fumer n’existe pas, m’a permis de me rendre compte du luxe et du confort de vie qu’elle procurait aux non-fumeurs comme moi.


[1] Il s’agit d’un arrêté sur l’interdiction de fumer dans les rues « rojôkitsuenkinshi jôrei », décrétée en 2002

[2] Le 25ème article de la loi sur l’amélioration de la santé, revendique la prévention du tabagisme passif. Le département de Kanagawa vient de promulguer cette année un arrêté sur la prévention du tabagisme dans les établissements publics qui entrera en vigueur le 1er avril 2010.


Voici quelques affiches publicitaires de prévention contre le tabagisme.


"C'est tellement bon que j'en meurs"







En haut à droite : "Ce n'est pas l'arrêté qui est stricte mais la morale"

En bas à gauche en rouge: "Du savoir vivre à la règle". Arrêté sur la vie environnementale de l'arrondissement de Chiyoda (Tôkyô).

Poster pour illustrer l'arrêté sur l'interdiction de fumer dans les rues.








“A cigarette smoked takes five minutes of your life”. This is one of the "shock" slogans used in the anti-smoking campaign in France. This month, I dedicate this article to the anti-smoking law, enacted on November 16th 2006 and which was first enforced on February 1st 2007 in France.

When I arrived in Japan, more than three months ago now, I was shocked by the lack of laws banning smoking in public places. In restaurants, nightclubs, bars and other public places, smoking is allowed, like three years ago in France. For non-smokers like me, the return to the “smoky era” is neither pleasant, nor good for the lungs, of course.

After some research and having asked my colleagues at work on the issue, I realized that there is actually no general law on the prohibition of smoking. There is an ordinance on banning smoking in Japan, but it concerns public places such as stations, airports, major avenues and streets busy. There is no law, therefore, banning smoking in public places such as restaurants, bars and other places of consumption. Why? Is it more important to save the open streets from cigarette smoke than saving enclosed places?

Given the low price of cigarette packs (about three times cheaper than in France) and their quick and easy access in vending machines on all street corners, I understood that Japan is, among the industrialized countries, the smokiest country. And while in France, TV channels regularly broadcast commercials against smoking, the non-existence of posters and advertisements here, show the inactivity of the Japanese government in taking preventive action. The "smoking areas", or "kitsuenjô", that dot the crowded public places designated as "no smoking" seem to be the sign for promotion of cohabitation between smokers and non-smokers.

The situation seems to be changing slowly, though. The decisions on this issue are to be decentralized so communities, counties and regions can act independently in banning smoking. Kanagawa prefecture has enacted this year, a decree on the prevention of smoking in public places, which comes into force on April 1st 2010. Living in a country where there is no limit on smoking made me realize the luxury and comfort of life the limits actually afford to non-smokers like me.


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