Thursday, 8 October 2009

Vous avez des enfants? - Do you have children?

« Gakkô homon », ou les visites d’écoles. 8h de mon temps de travail mensuel réparties dans les trois écoles primaires de Misasa, toutes classes confondues. Elles sont une partie importante et régulière de mon rôle de CIR au Japon, qui consiste à se rendre dans les écoles de la ville pour présenter la culture française, nouer des liens avec les enfants en jouant avec eux et voir à leur enseigner quelques mots de français. Vous pensez certainement que c’est un super boulot ! Oui on ne va pas s’en plaindre, mais c’est assez intimidant les premières fois.

Bien qu’ayant été animatrice en centre aéré et centre de vacances en France, j’appréhendais quelque peu cette partie de mon travail, tout nouvelle pour moi en version japonaise. Qu’est ce que je vais bien pouvoir leur raconter à tous ces enfants japonais ? Il y a tellement à dire au sujet de la France et des différences culturelles avec le Japon... Comment je vais arriver à les faire jouer au béret ou aux gendarmes et aux voleurs ? Est- ce que je vais réussir à les apprivoiser ?

Début du mois de septembre, je me rends donc pour la première fois à l’école est, j’arrive à l’entrée de l’école, enlève mes chaussures, enfile des chaussons verts pour visiteurs et me dirige vers la salle des professeurs. On me dit de m’asseoir et d’attendre un instant. Une professeur m’apporte une tasse de thé et me complimente sur mes compétences linguistiques. Après quelques minutes, alors que j’attendais là assise, je ne sais pas trop quoi, deux élèves de CE2 se présentent devant la porte et annoncent en choeur, haut et fort : « Nous sommes venus chercher Christelle-sensei ». Qu’ils sont mignons ! Ces petits visages ronds, chaleureux et souriants, l’air curieux et timide ont fait complètement disparaître le peu de stress que je cumulais .

Je me lève aussitôt, leur souri et les suis jusqu’à leur salle de classe. J’accèlere le pas, car pressés de rejoindre leurs bureaux ou ayant peur que je les kidnappe, ils courent devant moi. J’arrive dans une petite salle de classe d’une quinzaine d’élèves qui m’accueillent chaleureusement « Bonjuuruu Kuristeru sensei ». Le professeur leur donne une suite d’ordres - debout, saluer, assis- qu’ils effectuent tous avec une incroyable rapidité et harmonie. Une scène certainement inédite pour les maîtres et maîtresses des petits français de 9 ans.

Commence alors le rituel des « Jiko shôkai » ou « self introduction » (qui mérite un article bien à lui donc je ne m’étendrais pas cette fois), je déballe toutes les informations les plus basiques à mon sujet : mon nom, prénom, âge, origine, pourquoi je suis là et ce que j’aime. J’enchaîne sur ce qui avait été soigneusement prévu : une présentation power point de Marseille. La mer méditerrannée, la bonne mère, l’OM, la bouillabaisse, le prophète, les calanques, autant de mots qu’ils ne retiendront sûrement jamais. Je reçois des applaudissements dignes d’une campagne pour des élections. Autour des élèves maintenant, les plus extravertis s’agitent et lèvent la main pour commencer (pas de souvenir de ce genre d’élève à mon époque lycée au Japon...), j’ai donc droit a des suites de noms et prénoms impossible à retenir, ma nourriture préférée et ma couleur préférée. J’applaudis, ces enfants sont des génies, haut comme trois pommes et ils maîtrisent déjà l’art de la présentation !

L’heure tourne il ne reste plus que cinq minutes, l’heure du « question time ». Le principe est simple, on me pose des questions et je réponds. C’est parti ! Quel est ta couleur préferée, ton animal préféré, ta nourriture préferé ? Facile. Puis ça se complique, « Quel est ton plus grand trésor ? » je regarde le professeur, qui n’a pas l’air de comprendre plus que moi, « euh de quoi tu parles, quel trésor ? » je demande à l’élève. Elle non plus ne sait pas ; ok on passe. Dernière question, des volontaires ? Un petit bonhomme plus discret se lève et lance : « Vous avez des enfants ? » ; j’ai failli tomber de ma chaise. Je lui réponds, « tu sais j’ai que 22 ans... », « ben oui on a des enfants à 22 ans. » Bon je crois, qu’il est l’heure.




"Gakkô homon”, or school visits. Eight hours of my monthly work time is distributed evenly to the three primary schools of Misasa, all classes. They are an important and regular part of being a CIR in Japan. Mine involves visiting schools of the town to present French culture, build relationships with children by playing with them, and, time to time, teach them a few French words. You certainly think “What a great job!” Yes, I will not complain, but it's pretty intimidating the first time.

Although I used to be a summer camp counselor in France, somehow I was apprehensive about this part of my job, it being all new to me in Japan. “What am I going to tell all these Japanese kids?” There is so much to say about France and the cultural differences with Japan ... How am I going to get them to play “le béret” or the cops and robbers games? Will I be able to control them?

Thus, I’m heading school for the first time. I arrive at the entrance, remove my shoes, slip into green slippers (for visitors use only), and walk toward the staff room. I was told to sit down and wait a moment. A teacher brought me a cup of tea and complimented me on my language skills. After several minutes of sitting there waiting, I'm not sure for what, two 3rd grade students appear at the door and announced in chorus, loud and clear: "We came for Kurisuteru-sensei." They are so cute! These little round faces, warm smiles looking curious and shy, made the stress go away.

I stand up immediately, smile at them and follow them up to their classrooms. I walk faster, I don’t know if they are eager to reach their desks or afraid that I kidnap them, but they’re running ahead of me. I arrive in a small classroom of fifteen students who welcome me warmly shouting “Bonjuuruu Kuristeru sensei”. The teacher gives the students a series of orders - stand, bow, sit down – that they all perform with an incredible speed and harmony, a scene certainly never seen by the teachers of 9 years old French children.

Then begins the ritual of "Jiko shokai" or "self introduction" (which deserves an article of its own so I won’t dwell on this time). I unpack all the most basic information about me: my name, age, origin, why I am here and my hobbies. I move on to what had been carefully planned: a power point presentation of Marseille. The Mediterranean Sea, Notre Dame de la Garde Basilica, the soccer team OM, la bouillabaisse, the prophet beach, the creeks, as many words they probably will never remember. I get applauded worthy of a campaign for elections. The students turn now, the most restless and extroverted students raise their hands to start first the self introduction (I have no memory of such students in my school days in Japan ...). Many names that I’ll probably never remember, favorite foods and favorite colors. I applaud. These kids are geniuses, knee high to a grasshopper and they have already mastered the art of self introduction!

The clock is ticking, only five minutes left, "question time". The principle is simple, they ask me questions and I answer them. Here we go! What is your favorite color, your favorite animal, your favorite food- easy. Then it gets harder, "What is your greatest treasure?” I glance at the professor who doesn’t seem to understand more than me," uh what are you talking about, what treasure?" I ask the student. She looks confused and no longer knows, ok pass. Last question, any volunteers? A little discreet boy stands up and goes: "Do you have children?" I almost fell off my chair. I replied, "You know; I’m only 22..."; "I heard people have children at 22 years old." Well I think it's time.

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