Monday, 14 September 2009

1er article, "Un nouveau souffle" - 1st article "A new lease of life"


Habitants de Misasa, Bonjour à tous !

Voila à présent plus d’un mois que je vis parmi vous, dans cette magnifique et étonnante petite ville, qui me paraît étrangement vide et à la fois bien vivante. J’ai toujours habitée dans des grandes villes et après avoir vécue une vie d’étudiante éffrenée à Paris, ville cosmopolitaine, pendant ces trois dernières années, me voilà à présent de l’autre côté du globe, dans une zone encore non photographiée sur google map, dont je ne connaissais ni le nom ni l’existence il y a encore quelques mois. Comparer ma nouvelle vie avec ma vie française, je n’y songe même pas. Plutôt repartir à zéro, aller de l’avant sans se retourner et prendre le meilleur de cette aventure qui commence, à Misasa.

Un prix à payer ? évidemment. Mes papilles ont perdu leur petit plaisir, plus de bon pain chaud et croustillant recouvert de fromage de chèvre, frais et onctueux. Le jour, je n’ai plus la chance d’arpenter les rues pavées de Paris ; la nuit je suis privée des rythmes caribéens endiablées des quais de Seine, qui me font tellement vibrer. Le week end, je n’ai plus l’occasion de sauter dans le TGV en direction du soleil et de respirer l’air frais de la mer méditerrannée. Il m’arrive de faire une overdose des règles quotidiennes des japonais, qui n’ont souvent aucun sens, je suis frustrée quand je ne peux pas jetter mes poubelles et ne sait pas quoi faire d’un rasoir usagé ou de morceaux de verre. Enfin, le plus évident et dur à supporter, vivre à des milliers de kilomètres des gens que j’aiment.


Qu’est ce que j’ai à y gagner ? L’accomplissement d’un rêve que je poursuis depuis quelques années. Et pas seulement, j’ai aussi mis un terme à la dure vie d’étudiante rythmée de grèves et de mouvements répétitifs ponctués par des vacances surabondantes. Le stress des exams, du mémoire à rendre et ses règles de mise en page de la bibliographie et des annexes sont une histoire ancienne. Toutes ces heures perdues
passées à écrire des rédactions en japonais sur des sujets bateaux stupides sont révolues. J’ai cédé ma carte navigo et oublié les couleurs (et les odeurs) du métro parisien. Je suis entourée de gens tous aussi adorables les uns que les autres dont une majorité écrasante d’anglophones bruyants et déjantés qui égayent mes soirs et week ends et m’ont tiré vers le haut quand que je passais du côté obscur. Le matin, je peux aller courir sans respirer la pollution (et rencontrer des serpents de temps à autres). La nourriture est excellente. Les plages et le paysage de Tottori tout simplement magnifiques. Je parle évidemment japonais à longueur de journée et mes pupilles scannent et impriment de nouveaux idéogrammes dans mon esprit sans le moindre effort. Je découvre et m’étonne de nouvelles choses chaque jour, que ce soit au travail ou à l’extérieur. Je vis au milieu d’une vingtaine de spa, sources de jouvence de Misasa auquel j’ai un accès permanent et j’ai une voisine anglaise adorable, qui m’épate par sa force et son courage.

La liste est en réalité bien plus longue, mais c’est assez pour vous transmettre ceci : peu importe où l’on se trouve, l’important est de savoir prendre ce qu’il y a de meilleur, de fermer les yeux sur ce qui peut décevoir ou manquer et d’aller de l’avant. Car le bonheur est là, à la portée de chacun. Saisissez-le.

Journal de Misasa, septembre 2009

Hello Misasa’s people !

I have been living among the people of Misasa for almost two months now, in this beautiful little town which seems, to me, both empty and alive at the same time. I grew up in big cities and, after living a frenzied Parisian student life for the past three years in one of the liveliest and most cosmopolitan cities in the world, here I am, across the globe, in an area which has get to be photographed on Google maps. I don’t even think of comparing my new and previous life. I’d rather start from scratch, go forward without looking back and take the best of this adventure that begins at Misasa.

Was there a price to pay? Obviously. My taste buds have lost their little pleasures, no more good and warm crusty bread covered with fresh and creamy goat cheese. During the daytime, I no longer have the chance to stride along the cobblestone streets of Paris. At night I am deprived of the unbridled Caribbean rhythms played on the Seine banks, which used to light me up. On weekends, I can’t jump on the TGV bound for the sun nor breathe the fresh air of the Mediterranean Sea. Sometimes I have an overdose of daily Japanese rules and feel frustrated I can’t throw my garbage whenever I want to, not knowing what to do with a worn razor and pieces of glasses. Ultimately, the hardest thing to bear is to live thousands of miles away from the people I love.

Then what do I get in return? The fulfillment of a dream I’ve been pursuing these last years. And not only, I also put an end to the harsh student life regulated by strikes and repetitive movements, themselves punctuated by overabundant holidays. The stress of exams, the term paper hand in deadline and its bibliography and appendices layout rules are an old story. All those wasted hours spent writing essays in Japanese on stupid and boring topics are gone. I have given up my Parisian transportation card and have forgotten the colors (and smells) of Paris’ subway. I am surrounded by adorable people; among them an overwhelming majority of loud and wild type native English speakers that brighten my evenings and weekends and pulled me up when I feel lonely and down. In the morning I can go running without breathing pollution (though from time to time run into snakes). The food is excellent. The beaches and the landscape of Tottori prefecture are just magnificent. I’m happy I can practice Japanese all day long; my pupils scanning and printing new ideograms in my mind without any effort. I am surprised at and discovering new things every single day at work and in my private life. I live among a score of famous spas, Misasa’s fountain of youth to which I have a permanent access. I also have an adorable British neighbor, who amazes me with her strength and her courage.

The list is actually much longer, but it should be enough to tell you this: no matter where you are, the most important thing is to take advantage of the best, to ignore what may disappoint you and move forward. For happiness is there, within everyone’s reach. Take your chance and grab it.

Misasa Newspaper, September 2009

1 comment:

  1. hey, it's sara from orientation. i just stumbled on your blog. i just wanted to say that this article is really beautiful^^ whenever things get tough here, i'll remember what you wrote.

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